27e Anniversaire du massacre de Kasika ; des familles pleurent les leurs et plaident pour la justice et la réparation
Le dimanche 24 août 2025 différentes couches de la population de Mwenga se sont mobilisées pour se retrouver au village Kasika pour une cérémonie mémorial du massacre de Kasika du dimanche 24 aout 1998.
Cette cérémonie a réuni environ 5.000 personnes dont la communauté Nyindu de Lwindi, les familles des victimes, les survivants, les fidèles des églises catholiques, protestantes, kimbanguistes, les églises de réveil et les musulmans.
Avec tristesse aux visages, larmes aux yeux, ces derniers ont pris part à une messe organisée par la paroisse Mukasa de Kasika suivie d’un recueillement au cimetière des victimes des massacres.
Ils se souviennent de cette date du dimanche 24 aout 1998 où les militaires du Rassemblement Congolais pour la Démocratie RCD, avait massacré des centaines des civils, la plus part des femmes ont été violées, torturées et leurs organes génitaux mutilées avant d’être tuées.
Des témoins ajoutent que nombreux corps d’enfants et des bébés avaient été jetés dans les latrines. Avant leur départ, ces militaires avaient pillé et incendié des nombreuses maisons. Le Mwami de Lwindi Sa Majesté François Bwami Mubeza III et sa femme malgré qu’elle était enceinte, n’avaient pas été épargnés y compris le Père Stanislas Wabulakombe, Vicaire de la paroisse saint Joseph de Mukasa ainsi que trois religieuses de la congrégation des filles de la résurrection.
Nous avons été en contact avec un survivant de cet évènement malheureux. Mukamaba Wilonja regrette d’avoir perdu 15 membres de sa famille. Il se souvient de tout comme si c’était hier et témoigne ; « Moi-même je suis survivant. Ce jour-là , c’était un certain dimanche comme aujourd’hui, vers 09h, nous avons vu les militaires du RCD qui quittait Mwenga Centre vers Bukavu, en arrivant ici chez nous à Kasika et ont commencé à appeler la population pour un meeting. Quand ils se sont dirigés vers les églises, on a pensé qu’ils les invitent aussi au meeting. Vers 11h, ils ont commencé à tuer un à un à base des machettes et couteaux. Ce n’était beau à voir je vous assure, 15 personnes de ma famille, ma mère y compris avaient perdu la vie dans cette circonstance. Ma mère, mes huit petits et mes cousins, je les ai vu être tués » témoigne Mukamba Wilonja.
A lui d’ajouter ; « Quand j’ai vu 15 personne de ma famille être tuées, j’ai pris fuite avec d’autres personnes, je me suis dit que je préfère être tiré dessus que mourir à la machette. 27 ans déjà mais chaque fois quand je me rappelle comment ma mère a été tuée jai des larmes, et aujourd’hui c’est encore pire, rien ne peut m’empêcher de me souvenir de cet évènement » conclut Mukamba Wilonja.
Pour sa part, le cadre de concertation territoriale de la société civile de Mwenga exige justice et réparation face aux massacres de kasika. Ceci est contenu dans une réclamation rendue publique dimanche 24 aout 2024 à l’occasion du 27e anniversaire de cet évènement malheureux au Sud Kivu.
Cette déclaration signée par Henri Mukamba, coordonnateur ad intérim du cadre de concertation territorial de la société civile de Mwenga, reprend les massacres commis à l’endroit de plus 800 personnes le dimanche 24 aout 1998 dans les villages de Kasika, Kalama, et Zokwe, en chefferie de Lwindi, territoire de Mwenga au Sud-Kivu.
« Tout en rendant hommage aux victimes de ces massacres, cette structure citoyenne dit non au génocide des congolais et plaide pour la justice transitionnelle, la réparation holistique des préjudices causées à la chefferie de Lwindi », souligne Henri Mukamba,
Il est aussi important d’organiser des actions concrètes pour la thérapie sociale et communautaire afin de lutter contre les blessures et stabiliser la santé mentale de cette communauté. « Que justice et réparation soient rendues pour consoler les survivants et les familles des victimes directes », insiste Henri Mukamba Milenge.
Alice W’IRAGI
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