Bukavu : Difficile rémunération des cadres de base par l’Etat

Ce sont des conditions déplaisantes que traversent les cadres de base dans ce chef-lieu de la province en dépit du travail énorme qu’ils rendent à la nation. Demeurant non payés, ils sont obligés de vivre aux dépens des habitants alors que plusieurs d’entre eux détiennent leurs cartes biométriques depuis plus de quatre ans. Les qualificatifs sont innombrables les décrire. Chômeurs, mendiants… ? La situation laisse, semble-et-il, leur premier employeur, l’Etat, insensible.
L’une de ces personnes concernées ayant gardé l’anonymat témoigne :
« Nous ne sommes pas payés presque chaque année. C’est à tout moment que nous réclamons notre salaire, mais on nous demande d’attendre le nouveau gouvernement ou que la situation politique du pays se stabilise. Nous sommes passés au contrôle biométrique espérant une solution au problème, malheureusement, nos efforts pour être réhabilités dans notre droit restent sans succès.Â
 Des voies de sortie illégales
Certains cadres de base, chefs des cellules, chefs d’avenues et chefs des quartiers, faute de payement, recourent à la vente de certaines parcelles de l’Etat, d’autres créent un climat de mendicité dans les entités pour répondre aux besoins de survie de leurs familles. Plusieurs habitants interrogés en ce sens disent que certains s’adonnent à des pratiques illégales ou s’ingèrent dans des matières non conformes à leurs attributions. Un habitant en donne une illustration :
« Ils demandent des autorisations de bâtir n’importe comment pour des raisons d’infractions forcées. Une vraie tracasserie ! Ils  répriment des petites infractions commises au sein de nos entités, substituant leur mission à celle de la police et/ou de la justice ».
L’espoir , jusques à quand ?
Pour Pierre NYAMUHARA, porte-parole de la fédération de la société civile congolaise, cette situation serait une résultante d’un régime non crédible au sommet. il ajoute que le trésor public a connu une baisse considérable compte tenu des fonds qui n’y sont plus éjectés par différents bailleurs par manque de confiance aux autorités :
« Refonder la confiance nationale par la voie des élections permettrait aux investisseurs internes et externes de coopérer efficacement avec la République Démocratique du Congo. Ce qui améliorerait l’économie et donnerait des frais de fonctionnement aux entités décentralisées en panne de motivation aux agents »
Pour sa part Muller RUHIMBIKA, ministre provincial ayant le plan et le budget dans ses attributions, indique que la diminution de l’activité économique au niveau national en général, et provincial, en particulier est à la base du non-paiement des cadres de base. L’espoir de les payer est permis, rassure-t-il tout en leur demandant de travailler normalement.
Proust Musaba
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