BUKAVU : les accords de paix qui prévoient une participation de 50 % des femmes ont 35 % de chances supplémentaires d’aboutir (Fabrice Muchiga)

Posté par  Gloire KOKO   à  , ,      4 heures ago     38 Views     Laisser vos impressions  

De nombreux accords de paix ont été signés avec la République démocratique du Congo, mais l’accord-cadre d’Addis-Abeba est l’un des plus complets, car tous les accords qui ont suivi ont pris en compte certaines de ses dispositions, qui imposent des exigences à l’ensemble des parties prenantes, notamment à la RDC, aux pays limitrophes et à la communauté internationale.

Cette affirmation émane de Fabrice Muchiga, expert en paix et gouvernance dans la région des Grands Lacs, directeur et cofondateur de l’Initiative africaine pour la paix.

Cette déclaration a été faite lors d’un atelier de vulgarisation des accords de paix signés par la RDC. Cet atelier, organisé à Bukavu par l’association des femmes des médias AFEM le 16 mars 2026, grâce au soutien de l’organisation suédoise Kvinna till Kvinna.

Il regrette que plusieurs accords signés n’aient pas abouti à la paix, car pour y parvenir, il faut respecter les contenus, entre autres. Il cite par exemple l’accord-cadre d’Addis-Abeba, qui prévoit qu’aucun pays n’est autorisé à soutenir les groupes armés ou les forces négatives d’un autre pays. Malheureusement, ces éléments sont toujours présents, avec des pays qui soutiennent des groupes hostiles à un pays limitrophe. Ensuite, lorsqu’on parle d’un accord de paix, les pays ont une souveraineté ou une autonomie opérationnelle, et ce sont eux qui décident de ce qu’il faut mettre en œuvre. Il faut alors décider si l’on doit financer l’éducation ou le mécanisme de suivi des accords. Chaque pays établit ses priorités, et malheureusement, les accords en souffrent.

De plus, il ajoute que nous avons de beaux accords, mais qu’ils souffrent d’une mise en application parce qu’il n’y a pas de mesures de sanction. Rien n’est prévu pour ceux qui ne respectent pas les compromis ; les mesures coercitives font défaut.

Il y a cependant des mécanismes qui sont mal financés. Il insiste sur un élément capital : il arrive que la volonté politique fasse défaut. C’est par exemple le cessez-le-feu, prévu dans l’accord de Washington, qui doit être mis en place dans un délai raisonnable, ce qui reste flou. Selon Fabrice Muchiga, ce délai devrait être inscrit dans le temps afin de pouvoir être évalué et suivi.

La plupart de ces accords souffrent d’un problème majeur : la faible participation des personnes qui subissent le plus les horreurs de la guerre. C’est par exemple le faible taux de participation des femmes à ces accords de paix.

Des recherches ont prouvé que les accords qui prévoient une participation de 50 % des femmes ont 35 % de chances supplémentaires d’aboutir. La faible participation des femmes constitue donc un handicap majeur, car non seulement elles sont victimes, mais elles ont également de grandes capacités et sont des personnes dignes. La femme vient apaiser l’animosité qui existe entre les belligérants.

« Nous avons une expérience avec une dizaine d’accords échoués qui n’ont presque pas mis en place de mesures pour inclure les jeunes et les femmes. Pourquoi ne pas essayer quelque chose de nouveau alors que tout ce qu’on a fait n’a pas marché ? Essayons avec les femmes et les jeunes, faisons-les participer, je suis sûr que nous obtiendrons les résultats escomptés. » A conclu cet expert en gouvernance et en paix.

À la question de savoir si les femmes ont déjà réussi à conclure un accord de paix,

Fabrice Muchiga : « Les femmes n’ont pas besoin de prouver qu’elles ont réussi ou non. » L’exemple de l’Ituri, où le comité de dialogue a été piloté par les femmes, a permis de résoudre les problèmes de méfiance mutuelle et les conflits entre Lendu et Hema. Les femmes ont initié un système de marchés communs et les mariages intercommunautaires ont commencé. Ce sont les femmes qui méritent cet honneur.

Il reconnaît qu’au cÅ“ur de la femme se trouve un intérêt suprême pour la communauté, et que la femme considère tout être humain comme son enfant.

À toutes les parties prenantes, Fabrice Muchiga rappelle qu’il est possible de se racheter et de prendre en compte la spécificité du genre et des femmes dans les espaces de prise de décision. Il n’y a pas de paix sans les femmes, sans les personnes en situation de handicap, sans les victimes de guerre. Les femmes sont les voix des personnes meurtries par les violences et les conflits, et il est juste de les impliquer dans tout processus de paix.

Gloire KOKO

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