Bukavu : Les femmes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu unissent leurs voix pour dénoncer leur exclusion volontaire des processus de paix en cours en RDC
Les femmes des organisations de la société civile des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu élaborent des stratégies pour contrer les manœuvres des hommes politiques qui minimisent leur capacité à trouver des solutions durables lors des processus de paix en RDC.
C’était lors d’une table ronde organisée par l’association des femmes des médias à Bukavu, le 18 mars 2026, sur la vulgarisation des accords signés par la RDC.
Lors de cette activité, les femmes venues de plusieurs coins des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont exprimé ce que la communauté gagnerait si les femmes et les jeunes filles étaient impliquées dans le processus de paix en RDC.
Kavira Yeye, de l’organisation PAPH de Goma, au Nord-Kivu, explique que l’inclusion des femmes dans les processus de paix peut également contribuer à renforcer la démocratie et la gouvernance participative, en donnant une voix aux groupes marginalisés (personnes en situation de handicap, peuples autochtones, jeunes et personnes âgées) et en promouvant l’égalité entre les sexes.
Pour sa part, Rachel Mululu, de l’organisation FUDEI du Nord-Kivu, estime que la participation des femmes et des jeunes filles aux tables de négociation, aux processus et aux mécanismes de paix est très importante, car les femmes sont présentes dans tous les domaines de la société. Ces dernières ont en effet de nombreux besoins. La participation des femmes peut donc accélérer la mise en Å“uvre des accords, car elles maîtrisent le contexte et les souffrances de la population. La présence des femmes permet de prendre en compte les besoins sur le terrain et d’aboutir à une paix durable et non éphémère.
Modestine Sifa, responsable de l’organisation UJAMAA à Bukavu, estime que les femmes, qui figurent parmi les premières victimes, méritent d’être associées aux pourparlers de paix, car tout accord conclu sans elles est un accord contre elles. Son implication n’est pas négociable, mais un droit garanti par la Constitution.
Rose Mathe, femme journaliste de Goma, explique que les femmes des médias ont la responsabilité d’informer la communauté et les femmes sur le contenu des accords et des processus de paix en cours en RDC. L’objectif est que les femmes s’impliquent et s’approprient la paix, et ne se contentent pas de rester dans le rôle de victimes.
Claudia Nfundiko, avocate et militante des droits humains, ajoute que les femmes sont des êtres humains qui ont à cœur de réparer les tissus sociaux détruits. Il faut attirer l’attention des hommes politiques qui sont toujours assis à la table des négociations et qui échouent toujours, car ils ne connaissent pas la réalité locale. Sans l’implication des femmes, c’est un échec assuré.
Pour Solange Lwashiga, du Caucus des femmes pour la paix du Sud-Kivu, la femme est un pilier majeur de la société. Au-delà d’être victime, elle est actrice de paix et de cohésion sociale. Après les conflits, les femmes Å“uvrent au relèvement économique grâce à leur houe.
Dorcas Shabani, de l’organisation Ladies End Future de Bukavu, estime que lors des négociations de paix, la femme ne doit pas être là pour faire joli, mais pour jouer un rôle important en apportant son sens de l’humanisme et de la compassion.
Caddy Adzuba, présidente de l’organisation Pelagie Muhigirwa, souligne que l’absence des femmes lors des négociations de paix entraîne l’exclusion des priorités sociales dans les accords, compromet la durabilité de la paix et entraîne une perte de légitimité sociale.
Enfin, Joëlle Bahali, de l’organisation RSDFH de Bukavu, précise que la femme est conciliante et pacifique ; elle n’a pas besoin de solutions brutales et militaires. Impliquer une femme en situation de handicap, c’est prendre en compte tous les besoins spécifiques dans leur diversité.
Cette activité s’est tenue dans le cadre du projet « Inclusion et autonomisation des femmes et des jeunes filles pour une paix féministe et durable dans l’est de la République démocratique du Congo », mis en Å“uvre par AFEM.
Gloire KOKO
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