Bukavu: Par la plume et la voix, les artistes se mobilisent pour le vivre-ensemble et l’unité du peuple, en réponse à la crise sécuritaire qui sévit dans la région.
Les artistes sont en première ligne dans la lutte contre le tribalisme et la division des communautés, notamment pendant les périodes d’escalade de la violence dans la province du Sud-Kivu.
Ils jouent un rôle de mégaphone d’unité grâce à leur influence et à leurs performances, en présentiel comme sur les réseaux sociaux. Ils ont le devoir de transmettre des messages de vivre-ensemble, de cohésion sociale et de paix.
C’est ce qu’a fait savoir Achille Argus, artiste slammeur, poète, comédien et metteur en scène de la ville de Bukavu, interrogé par Mama Radio.
Il précise que, dans cette période de crise sécuritaire, les slameurs de cinq villes de la région (Bukavu, Goma, Butembo, Kigali et Bujumbura) se sont réunis, à l’initiative de l’organisation Benevolencija, pour créer des contenus visant à véhiculer des messages de vivre-ensemble, de cohésion sociale et de lutte contre les discours de haine.
Il ajoute qu’ils ont écrit une anthologie intitulée Les Plumes semeuses de paix, qui a réuni des écrivains et des poètes de la région. Ce livre est disponible dans plusieurs bibliothèques de Bukavu.
Achille Argus, slammeur de Bukavu, dit avoir produit un album intitulé « Ubuntu », qui signifie « je suis » parce que nous sommes. Cet album rappelle que l’homme se réalise lorsqu’il est entouré de personnes qui l’aident à progresser et à s’accomplir.
« En tant qu’individu, cette lutte est non seulement un besoin urgent, mais c’est toute une philosophie de vie, car nous sommes nés dans un contexte de conflits et nous devons y apporter une réponse. » À mentionner, le slameur de Bukavu.
Aujourd’hui, l’artiste travaille sur un autre projet d’album intitulé « externational », un concept qui signifie voir l’humain au-delà de sa nation et de son appartenance, et qui est une réponse à la lutte contre le tribalisme.
Il rappelle que face aux armes, les artistes répondent par la poésie et un discours de paix et de vivre-ensemble.
Il regrette que l’implication des artistes reste inégale, par peur, car ils ne sont pas protégés, surtout en cette période. Et surtout, ils sont sous pression et risquent de perdre leur public. Certains artistes sont victimes de menaces, font face à la récupération politicienne, à la polarisation sociale et au manque de soutien financier.
Achille Argus annonce qu’il organisera un premier concert « externational » le 26 avril 2026, afin de contribuer à lutter contre les messages et discours de haine, et d’encourager le vivre-ensemble et la cohésion sociale dans la région des Grands Lacs.
Gloire Koko
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