BUKAVU : Une femme condamnée à mort pour meurtre d’une fillette de cinq ans à Bagira

OMBENI MALEKERA Nadine, la vingtaine, est condamnée à mort et au payement d’une amende de 50.000 $ payable en francs congolais à titre de dommages et intérêts pour meurtre d’une fillette de cinq ans kidnappée depuis le 1er Août 2023.
Le Tribunal de Grande Instance de Bukavu siégeant en matière de flagrance a retenu l’infraction de meurtre, alors que le mari de la bourrelle, Christian MUFARIJI, poursuivi pour complicité d’assassinat et association des malfaiteurs a été acquitté, faute de preuves suffisantes.
Dans ses dispositifs, le président du Tribunal, ESANATO Jean Paul, a également ordonné l’inhumation de la victime, Merveille KAMUNDALA aux frais du trésor public. « Le Tribunal statuant publiquement et contradictoirement à l’égard de toutes les parties, vu la loi organique n°13/11 – P du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement, compétences des juridictions de l’Ordre judiciaire, vu le code de procédures pénales, vu l’ordonnance loi n°78 – 001 relative à la répression des infractions flagrantes spécialement en ses articles 1 et 8, vu la loi n°09 – 001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant spécialement en ses articles 161 et 155, vu le Code congolais livre II en ses articles 43, 44, 45, 156 et 158 , vu la loi n°22068 du 26 décembre 2022 modifiant et complétant le code pénal congolais en matière de prévention et de la répression de la traite des personnes spécialement en son article 68 ; le Ministère public entendu dans ses réquisitions, les parties entendues dans leurs plaidoiries reçoit le moyen de l’inconstitutionnalité de la présentation, le dit non fondé et le rejette ; statuant quant au fond, dit non établi en fait comme en droit l’infraction d’association des malfaiteurs mise en charge de OMBENI MALEKERA Nadine et KISAMBA MUFARIJI Christian et les en acquitte ; dit également non établi en fait comme en droit les préventions d’enlèvement d’enfants, de traite d’enfants, tortures sur un enfant et l’administration à un enfant des substances nocives mises en charge de la prévenue OMBENI Nadine et l’en acquitte ; disqualifie la prévention d’assassinat à charge de cette dernière à celle de Meurtre mise en charge de la prévenue et établie en fait comme en droit et par conséquent la condamne à la peine de mort », selon la motivation du jugement rendu sur dispositif par le Tribunal de Grande Instance de Bukavu.
La partie civile se dit satisfaite du verdict rendu. Selon Maitre David BUGAMBA AMANI, avocat au Barreau du Sud Kivu et responsable du pilier légal de la Fondation Panzi, le juge vient de dire le droit et les avocats de la partie civile en sont satisfaits.
« On dit qu’en droit n’a pas raison celui qui a raison, mais celui qui convainc et faute de preuves le juge d’acquitter un des prévenus, mais il vient aussi de condamner l’un des prévenus… les juges congolais sont appelés à appliquer la loi en respectant les principes d’un procès équitable et c’est ce que nous venons de vivre ; en tant que conseil de la partie civile c’est du droit, nous sommes satisfaits, d’autant plus que du début jusqu’à la fin du présent procès, les juges ont veillé à ce qu’il n’y ait pas violation du droit de la défense de toutes les parties au procès ; on vient de condamner la femme à la peine de mort elle doit passer en appel, mais nous qui ont plaidé pour la partie civile nous allons aussi poursuivre le dossier en appel », renchérit David BUGAMBA.
La partie prévenue pour sa part se dit aussi satisfaite du jugement. « Nous sommes un peu satisfait du fait qu’on vient de nous remettre dans nos droits, sur le plan du droit le droit a été dit, nous nous inclinons devant la décision du tribunal, le concubin Christian vient d’être libéré faute de preuves, notre cliente qui est condamnée à mort, au lieu que ça soit l’infraction d’assassinat c’est l’infraction de meurtre ; sur base de cela nous allons en appel pour qu’on puisse vraiment dire le droit et libérer notre cliente », croit savoir Maitre Guy BAUNI, doyen du collectif d’avocats de la Défense.
Ce verdict est l’aboutissement d’un procès public, considéré comme pédagogique par la population et le bourgmestre de la commune de Bagira. « Je suis content, la justice vient de faire son travail comme il le faut ; depuis longtemps ma commune est victime de ce genre d’acte, nous avons eu la chance de mettre la main sur un des auteurs et voilà aujourd’hui la justice vient de décider, c’est un procès que je considère pédagogique qui va décourager d’autres auteurs, c’est qui est vrai est que ça doit être un réseau des personnes qui font ça et les autres membres de ce réseau en attendant qu’ils soient arrêtés, ils vont réfléchir deux fois avant de poser de tels actes… toutes les mesures sont prises pour que ces gens soient arrêtés l’un après l’autres », à en croire Patience BENGEHYA, l’autorité communale de Bagira.

Pour rappel, le corps sans vie d’une jeune fille de cinq ans, Merveille KAMUNDALA a été ramassé dans la rivière NYAKIDUDUMA à la limite entre la commune de Bagira et le territoire de Kabare.
L’affaire remonte à mercredi 02 août 2023 où deux enfants d’une même famille, âgés respectivement de 3 et 5 ans ont été enlevés. Le même jour, le garçon de 3 ans est retrouvé drogué et en coma dans la maison de la voisine condamnée.
Le même jour, la fille de 5 ans est retrouvée morte et mutilée au bord de la rivière. Le corps de l’enfant est dépourvu de la langue et les parties génitales. La population locale s’en réjouit, car ce verdict doit servir de leçon aux autres kidnappeurs. Ces audiences publiques ont été appuyées par la Fondation Panzi et se sont déroulées en présence de milliers d’habitants de la commune de Bagira.
Elysée Muzalia
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