France/Paris : La voix de la population du Sud-Kivu, portée par Me Néné Bintu et le Dr De Joseph Kakisingi, s’est fait entendre lors de la conférence sur la paix.

Posté par  Gloire KOKO   à  , , ,      4 mois ago     378 Views     Laisser vos impressions  

Me Nene Bintu, présidente du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, et le Dr De Joseph Kakisingi, président du Conseil national des ONG humanitaires et de développement (CONAFOHD), ont pris part à la conférence sur la paix et la prospérité pour la région des Grands Lacs.

Cet événement s’est déroulé à Paris, en France, le jeudi 30 octobre 2025. Cette conférence a été organisée en raison de la crise qui sévit dans l’est de la RDC.  

C’était l’occasion pour eux de faire entendre la voix de la population du Sud-Kivu, en détresse depuis le début de l’année 2025, et de la RDC en général. 

Dans son message, Me Nene Bintu a plaidé en faveur de la création d’un tribunal spécial pour le Congo afin de juger les crimes de guerre, du rétablissement de la paix et de l’accès à l’aide humanitaire. Elle a également souligné l’importance d’impliquer les femmes et les jeunes dans les processus de rétablissement de la paix en RDC

« Nous réclamons sans cesse la création d’un tribunal spécial pour le Congo, en complément de la Cour pénale internationale, car il n’y a aucune paix durable sans justice, comme le répète sans cesse le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege. Il n’y aura pas non plus de paix sans les femmes et les jeunes, qui sont très peu associés aux processus de paix alors qu’ils sont les premières victimes des conflits armés. En tant que femmes congolaises, nous exigeons deux choses : être incluses dans les processus de paix en tant que bâtisseuses et médiatrices, et obtenir réparation en tant que victimes de ces guerres infinies au Congo. Nous n’entendons plus parler de la résolution 2273 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige la cessation des hostilités et le retrait des troupes rwandaises. L’aide humanitaire est une urgence, mais elle ne saurait être efficace si elle n’est pas accompagnée de la protection des civils et si elle ne s’inscrit pas dans une logique de retour à la paix et de développement, en soutenant la relance agricole. Telle est la responsabilité première des États et des acteurs réunis ici.».               

De son côté, le Dr De Joseph Kakisingi souligne que son message était axé sur les besoins des ONG nationales et des communautés locales affectées par la crise humanitaire.

« Nous avons fait entendre la voix de toute cette population ainsi que celle de toutes les ONG nationales qui Å“uvrent dans le pays. Trente ans de crise, 5,6 millions de personnes déplacées qui n’ont ni abri, ni nourriture, ni soins médicaux, et qui vivent dans des conditions précaires.  Ce sont des familles qui souffrent ; ce ne sont pas des chiffres, car derrière chaque chiffre se cache un être humain qui vit dans la misère parce qu’il manque de paix. »

Selon lui, les conditions auxquelles sont soumises les ONG ne leur permettent pas d’atteindre les populations qui ont besoin d’aide humanitaire.

«De plus en plus, les ONG éprouvent des difficultés : chaque jour, de nouvelles taxes et conditions de voyage sont créées, certaines organisations sont intimidées, on leur impose de nouvelles exigences, on leur donne des zones où elles doivent travailler et on leur demande de partager certains frais liés au financement. Nous avons transmis ce message et plaidé en faveur de financements supplémentaires pour aider les communautés en difficulté. Notre objectif était donc d’attirer l’attention du monde sur la crise en RDC, à l’instar de la situation à Gaza, en Palestine ou au Soudan du Sud, afin que le monde ouvre les yeux sur la souffrance que traverse la population de la RDC.».        

Plusieurs personnalités ont pris part à cette conférence, notamment des chefs d’État ou leurs délégués. La RDC était représentée par le président Félix Tshisekedi, la représentante du secrétaire général des Nations unies en RDC, Bintou Keita, le CIRGL, l’Union africaine, ainsi que les médiateurs du Qatar et de Washington. 

Cette conférence, organisée à l’initiative de la France et du Togo, a mis l’accent sur la situation de la RDC. Les participants ont promis de soutenir l’aide humanitaire apportée par les organisations nationales et internationales à la population de la RDC.

Alice W’IRAGI      

Cliquez ici Pour Partager.

A propos  

No Comments

No comments yet. You should be kind and add one!

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.