JIF 2026 : L’activiste Thérèse Mema, une voix congolaise contre les accusations de sorcellerie et leurs effets sur les femmes victimes.  

Posté par  Gloire KOKO   à  , ,      5 heures ago     48 Views     Laisser vos impressions  

Thérèse Mema Mapenzi, une militante des droits des femmes de l’est de la République démocratique du Congo, est la seule Congolaise membre du Réseau international de lutte contre les accusations de sorcellerie et les attaques rituelles.

Ce réseau international rassemble des personnes de différents pays engagées dans la lutte contre les accusations de sorcellerie, les violences associées et leurs conséquences sociales et humaines.

Il compte déjà plus de 45 pays dans le monde où ce phénomène est signalé, notamment la République démocratique du Congo, le Malawi, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Nigéria.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce réseau a participé à une conférence organisée par l’université de Lancaster, au sein de la faculté des arts et des sciences sociales, le 4 mars 2026.

En tant qu’intervenante, Thérèse Mema a profité de l’occasion pour donner la parole aux défenseurs des droits des femmes et aux femmes victimes de différentes formes de violences, notamment d’accusations de sorcellerie, en RDC. « Mon objectif était de rendre cette réalité visible et de renforcer le plaidoyer en faveur de la protection des droits et de la dignité des femmes victimes de ces accusations. J’ai présenté la situation de la RDC, marquée par de graves violences liées à ces accusations, telles que les tortures, les menaces, les meurtres, les femmes tuées ou brûlées vives, ainsi que les traumatismes souvent invisibles ou passés sous silence dans de nombreuses communautés. J’ai également abordé le lien entre les violences sexuelles et ces accusations, afin de montrer comment ces phénomènes se croisent et aggravent la vulnérabilité des femmes et des enfants dans ce contexte. J’ai évoqué la situation du Haut-Uélé, notamment dans les zones de Dungu et Doruma, ainsi que celle de la ville de Kinshasa et de la province du Sud-Kivu. »

Elle précise que ces éléments s’appuient sur sa collaboration avec des organisations partenaires, dont l’Association pour les droits des patients à Kinshasa, Caritas Dungu-Doruma et l’Initiative pour la paix et la réconciliation au Sud-Kivu. Ces organisations partagent des données qui contribueront à l’étude qui sera mise en place.

Outre les recherches, Mema se dit satisfaite du fait que tous les membres du réseau s’unissent pour partager des données, sensibiliser les communautés et plaider auprès des institutions nationales et internationales en faveur de la protection des victimes et de la prévention de ces violences, car la situation est similaire dans presque tous les pays concernés.

« Bien que les faits se déroulent dans des contextes culturels et géographiques différents, les profils des victimes présentent souvent des caractéristiques similaires : des veuves, des femmes âgées, des enfants nés hors mariage ou encore des orphelins. Les formes de violence qu’elles subissent sont également comparables : certaines sont lynchées, lapidées, expulsées de leurs communautés ou, parfois, brûlées vives. Les études en cours et les témoignages recueillis montrent également que des accusations similaires ont existé par le passé dans des pays comme l’Angleterre et l’Allemagne, mais que l’application de la loi, le renforcement des systèmes judiciaires et la lutte contre la pauvreté ont progressivement contribué à réduire et à mettre fin à ces pratiques », souligne Thérèse Mema.

Elle salue également les efforts de la communauté internationale, notamment ceux des Nations unies, qui ont adopté la résolution 47/8 du Conseil des droits de l’homme appelant les États à lutter contre les violences liées aux accusations de sorcellerie et à protéger les victimes. Par ailleurs, le 10 août de chaque année est reconnu par les Nations unies comme la Journée internationale de lutte contre les accusations de sorcellerie. «J’en appelle donc à de grandes actions en ce mois de mars pour sensibiliser la communauté internationale et renforcer les actions de prévention et de protection. » Conclut Thérèse Mema, qui a également adressé un message de réconfort et de soutien aux femmes victimes de violences et à toutes les femmes dans le monde qui souffrent à cause des conflits et des guerres, en particulier celles de la RDC, dans sa partie est.

Alice W’IRAGI

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