RDC : Alice Kajabika soutient la Ministre Grâce Kutino, elle dénonce la campagne de diabolisation des femmes en politique !

Posté par  Cikuru Kadjunga   à       6 mois ago     1108 Views     Laisser vos impressions  

La RDC, mon pays parfois de bobards ! Ce pays où, heureusement, l’on peut devenir ministre en un claquement de doigts… ou en un battement de cils, selon la version qu’on veut bien colporter. La nomination de Grâce Émie Kutino au poste de ministre de la Jeunesse dans le gouvernement Suminwa II n’a pas fait qu’ouvrir des débats, elle a aussi fait tomber des mâchoires, surtout celles de ceux qui, derrière leurs écrans, croient encore que le pouvoir politique est une affaire de chambre à coucher plutôt que de compétence.

On nous sert, comme un plat rassis réchauffé, la sempiternelle soupe du favoritisme. On chuchote, on ricane : « Elle a eu le poste grâce à ses faveurs… ». Comme si le chemin vers le pouvoir, pour une femme, devait nécessairement passer par les jambes, jamais par les diplômes, les livres ou les années de travail acharné et d’études laborieusement appliquées.

Qui est vraiment Grâce Kutino ?

Parce que si certains veulent réduire sa légitimité à un fantasme sexuel, rappelons plutôt son parcours. À 7 ans, elle a vu son père pasteur emprisonné, un traumatisme qu’elle a transformé en carburant pour sa vocation. En 2017, elle est consacrée pasteure. Depuis, elle a multiplié les casquettes : coach, entrepreneure, conférencière.

En Mai 2023, elle est même devenue présidente de la Jeunesse pour Christ en RDC. Alors, quand on dit qu’elle n’a rien fait, qu’elle est là par faveur, on ne ment pas juste, on crache sur des années de travail, de prière et de plaidoyer.

On oublie surtout qu’elle a déjà dirigé, mobilisé et inspiré. Mais non, pour ces esprits étroits, cela ne compte pas. Le seul diplôme qui vaille pour une femme, c’est celui qu’elle obtient entre les draps.

Jusqu’à quand faudra-t-il que les femmes prouvent dix fois plus que les hommes pour être prises au sérieux ? Et pendant que l’on s’acharne sur Grâce Kutino, que fait-on de la parité constitutionnelle ?

L’article 14 de notre Constitution ne dit pas : « La femme a droit à la représentation, sauf si elle est belle, pieuse ou proche du pouvoir ». Non. Il dit clairement : « Représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales ».

Et pourtant, dans ce gouvernement de 53 ministres, combien de femmes ? À peine un tiers, 17 pour être exact. C’est un échec cuisant. Le chemin vers une représentation équitable est encore long, et le combat, loin d’être gagné. Alors oui, félicitons le chef de l’État pour cette légère avancée, mais ne lui faisons pas un chèque en blanc. Ce n’est pas un geste de charité envers les femmes, c’est un devoir. Or, dans le cas de Grâce Kutino, on continue de la traiter comme une intruse, une fille de faveur ou de mÅ“urs légères. C’est du bullshit !

Contactée depuis son appartement en Europe, où elle séjourne , cette militante des droits humains et journaliste dit être sidérée par cette mentalité toxique qui gangrène encore trop certains esprits. A son humble avis, dit-elle, il est temps pour notre société, de se ressaisir, de se serrer les coudes et d’éradiquer une fois pour toutes ces préjugés tenaces envers les femmes et les jeunes filles.

La vérité, c’est que ces stéréotypes viciés ne sévissent pas seulement dans la sphère politique, indique-t-elle. Ils infiltrent aussi l’administration publique, les ONG, les entreprises privées. Ce poison ronge notre société jusqu’à la moelle. Cela empêche l’éclosion des talents, brise des rêves de la gent féminine et freine le progrès de notre Nation, ajoute Alice Kajabika

 » D’ailleurs, je ne connais pas la ministre Grâce Kutino, ni de près ni de loin, si ce n’est par la voix des médias. Mon combat ici n’est donc pas de la défendre elle, mais de crier haut et fort contre cette culture du mépris et cette tendance à sous-estimer, voire ignorer, le génie féminin » indique Alice Kajabika

Aujourd’hui, c’est Grâce Kutino qui est humiliée. Demain, ce sera votre fille, votre sœur, votre épouse. Personne n’est à l’abri. Il est temps de grandir et de comprendre que la dignité d’une femme ne se négocie pas, elle s’impose. Si Grâce Kutino échoue un jour, qu’on la critique sur ses politiques, sur ses résultats, sur ses erreurs, estime Alice K.

Mais néanmoins, qu’on ne lui dise jamais qu’elle n’a rien mérité. La femme n’est pas une moitié de citoyenne : elle est une citoyenne à part entière, complète, indispensable.

Tant que nous n’aurons pas intégré cela, nous ne serons jamais vraiment libres. Comme disait Léopold Sédar Senghor, « La femme n’est pas le sexe faible, c’est le sexe fort… Quand elle avance, toute l’humanité avance ».

Deo CIKURU

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