Sud Kivu : AFEM plaide pour l’humanisation des conditions des travailleuses précaires dans les sites miniers
Le rôle de l’Association des Femmes des Médias AFEM dans la lutte contre les violences basées sur le genre dans les mines et l’accompagnement des travailleuses précaires est l’une des sous-thématiques débattues à la conférence organisée vendredi 22 aout par l’Université Officielle de Bukavu UOB sur la protection sociale des travailleuses précaires.
Madame Nelly Adidja, la chargée des programmes à AFEM et l’une des oratrices du jour a fait savoirqueces femmes « twangueuses » porte-faix, et autres ouvrières, constituent une main d’Å“uvre locale importante dans la chaîne de valeurs, malheureusement elles font face à beaucoup de défis qui les rendent de plus en plus vulnérables.
Parmi ces défis, nous citons les pesanteurs culturelles, l’exclusion des femmes de l’activité d’extraction minière est une construction sociale basée sur les croyances selon lesquelles la présence des femmes ferait disparaître le minerai. C’est donc parce qu’elles portent malheur qu’elles ne doivent pas s’approcher des filons. Ces interdits réduisent les opportunités pour les femmes d’améliorer leur capital économique et de contribuer d’une manière reconnue à l’échelle de valeur minière.
La rémunération dérisoire : elles sont moins payées et de manière irrégulière selon les humeurs des exploitants miniers. Cette faible rémunération est à la base de la malnutrition, l’abandon scolaire, la délinquance juvénile.
Elles transportent plus que leurs poids : cela les expose à plusieurs dangers, des avortements, des naissances prématurées, des fistules, des prolapsus alors qu’elles n’ont pas de ressources pour assurer leur prise en charge médicale… bref, les conditions dans lesquelles elles travaillent les exposent à beaucoup de dangers : les infections urinaires, les maladies sexuellement transmissibles, les avortements, les naissances prématurées, le vieillissement précoce voire des complications des maladies qui entrainent la mort.
Outre cela, les femmes travaillant dans les mines sont victimes des violences sexuelles et celles basées sur le genre. Les recherches menées par AFEM sur la sextorsion ont démontré qu’elles sont victimes de beaucoup d’abus comme la corruption sexuelle, l’exploitation ou autre traitement dégradant. Les professionnels de sexe ou creuseurs sans bèche sont battues et blessées chaque fois qu’elles offrent les services sexuels, souvent c’est le non-respect « des tarifs » ou le sexe à crédit qui sont à la base des bagarres

Quel rôle joué par AFEM ?
La sensibilisation pour le respect des droits des femmes travaillant dans la chaine de valeur : AFEM à travers l’appui de son partenaire Norwegian Church a mené des sensibilisations pour le respect des droits humains et la prise en compte des besoins sexo-spécifiques dans le secteur minier à travers des dialogues communautaires, les émissions de rédevabilité et plaidoyers à différents niveaux. Les noyaux clubs d’écoute d’AFEM qui sont des relais d’information et points focaux documentent, alertent sur les violations des droits humains. Ce cadre permet aux femmes porte-faix, twangeuses (qui broient les pierres) et autres ouvrières sensibilisées sur leurs droits brisent le silence sur les abus dont elles sont victimes. Ces sujets de dénonciation sont capitalisés par AFEM pour orienter des actions.
La prise en compte du genre et des besoins sexo-spécifiques des femmes dans les coopératives minières : AFEM accompagne les coopératives minières de Luhwinja dans le territoire de Mwenga et Mushinga dans le territoire de Walungu dans l’élaboration de règlements intérieur. Cela a eu comme résultat, la nomination des femmes responsables des puits.
Plaidoyer pour le respect du code minier révisé : AFEM accompagne aussi les communautés riveraines dans le plaidoyer pour le respect des cahiers des charges selon l’article 285 du code minier révisé pour le respect des droits des communautés et le développement socio-économique des entités minières. La vulgarisation du code minier auprès des toutes les couches sociales permet aux communautés de comprendre leurs droits et devoirs en matière d’exploitation minière.

Quelques perspectives pour humaniser et valoriser le travail mené par ces twangeuses, porte-faix et autres ouvrières
- La prise en compte des besoins sexo-spécifiques des femmes lors de l’élaboration de la nouvelle loi minière.
- Des mesures d’accompagnement pour la matérialisation du code minier.
- Promouvoir l’esprit d’entreprise minière des femmes.
- Encourager des mécanismes d’accès des femmes aux crédits et au financement du secteur minier.
- Promouvoir les coopératives minières inclusives et d’autres structures du secteur dans lesquelles les femmes participent à la prise de décision et portent haut les besoins des femmes travaillant dans les mines.
- Améliorer l’accès des femmes aux équipements de travail et médicaments pour réduire les risques encourus.
- Promouvoir les industries minières inclusives pour lutter contre les stéréotypes, les fausses croyances qui bloquent l’épanouissement économique des femmes.
- RECONNAÎTRE qu’un risque pour les droits des femmes est un risque pour les droits humains.
- Sensibiliser les femmes sur leurs droits et sur les VSBG
Il est à noter que cette activité a été organisée par l’Université Officielle de Bukavu UOB, rentre dans le cadre du projet « AMORCE » et a connu la participation du Professeur Jean-Petit Mulume qui s’est apaisanti sur la protection sociale des travailleuses précaires sous la modération du Professeur Pierrot Chambu. Tout s’est déroulé en présence de plusieurs étudiants et chercheurs de l’UOB et d’ailleurs.
Nelly ADIDJA
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