Sud-Kivu : Les organisations IDHE et Heri Initiative organisent un colloque scientifique sur les pratiques électorales en RDC de 2006 à nos jours

Il s’est tenu à Bukavu en Province du Sud-Kivu, du 22 au 23 Aout 2023, un Colloque sur les élections de la RDC.
Ce colloque, s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement de la société civile, Elections et Lutte citoyenne pour la paix et la s sécurité », exécuté par l’organisation IDHE avec l’appui financier de 11.11.11-Belgique.
Différents intervenant ont défilé devant le podium durant les deux jours, pour s’exprimer sur les élections en RDC.
M. Adrien ZAWADI, Président du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, s’est exprimé sur la leçon du contexte électoral en RDC, une intervention suivie de celle du Professeur BUGEME ZIGA enseignent à l’ISDR/Bukavu et celle du Chef des Travaux Bernardin Sebahire qui ont tous deux parlé de 17 ans vers la maturité des expériences électorales en RDC, espérance ou déception.
Mme Solange LWASHIGA, secrétaire exécutive du COCUS des femmes pour la paix a parlé des violences électorales en RDC et leurs conséquences. Une intervention qui a été suivie de celle du Professeur magistrat Pacifique MAGADJU enseignant à l’Université Officielle de Bukavu sur la justice et élection en RDC, rôle du juge pénal dans le règlement judiciaire des conflits électoraux en RDC. Le Professeur Philippe KAGANDA enseignant de l’Université Officielle de Bukavu et de l’Université Evangélique en Afrique a parlé du tribalisme et élections en RDC.
La deuxième journée qui était aussi la dernière, a connu les interventions de Mme Joëlla SAMBO, Présidente du Conseil Provincial de la Jeunesse qui a parlé du rajeunissement de la classe politique en RDC, Madame la Chef des Travaux Georgette NKUNZI qui s’est exprimé sur les élections et genre, bilan et enseignement tirés dans 10 ans, suivi de Madame Julienne BASEKE, Coordonnatrice de l’Association des Femmes des Médias AFEM en sigle qui a parlé du rôle des médias dans les élections en RDC.
Lors des échanges, les uns et les autres ont estimé qu’en parlant des élections, il est important d’établir la responsabilité des dirigeants et celle des dirigés dans l’échec de la RDC.
Pour Mme Joëlla SAMBO, beaucoup de jeunes ne sont pas suffisamment informés sur les questions électorales, et il n’y a pas d’efforts fournis pour sortir de l’ignorance des jeunes sur la participation citoyenne. Elle estime que les jeunes sont en train de prendre conscience de ce qu’ils représentent pour le pays, et les élections qui pointent à l’horizon d’ici fin 2023, sont une grande opportunité pour les jeunes, bien qu’un plus grand nombre sont au chômage et l’aspect financier fait défaut. D’où les jeunes doivent prouver leur unité pour affronter ces défis.
Pour Madame la Chef des Travaux Georgette NKUNZI, autant de stéréotypes et perceptions négatives limitent les femmes à se porter candidates. La société a tendance à faire porter aux femmes, l’échec d’autres femmes qui n’ont pas réussi. « …il y a une mauvaise perception de la femme politique. En plus, le code de la famille n’est pas pris en compte par les hommes politiques », regrette Mme Georgette.

Parlant des difficultés rencontrées par les femmes lors des élections de 2006 à ce jour, elle a précisé qu’aucune mesure positive n’a été prise qui pouvait amener les femmes et les hommes à jouer des rôles égaux durant le processus électoral, aucune mesure de prise en charge pour les femmes enceintes et les femmes allaitantes durant tout le processus, la loi électorale révisée n’a répondu à aucune des revendications des femmes, il n’y a aucune spécificité dans les projets de société des partis politiques afin d’améliorer les conditions des femmes, les femmes n’occupent pas des postes stratégiques dans des partis politiques qui leur permettent de se présenter aux élections, aucun budget sensible au genre, mais aussi, il y a des inégalités dans la prise de parole aux médias.
Pour le Professeur DOUDOU KAGANDA qui a parlé du tribalisme et des élections en RDC, il y a une nécessité urgente de passer à la socialisation politique de l’ethnie dans l’élection et la gouvernance, pour qu’elle soit fonctionnelle.
Quant à Madame Julienne BASEKE, les médias ont joué un rôle très capital lors des élections de 2006 à ce jour, notamment celui d’assurer l’accès du public à l’information de qualité, promouvoir la participation et l’appropriation citoyenne des élections, celui de chien de garde des élections, assurer la redevabilité démocratique tout en jouant le rôle de contre-pouvoir.
A l’issue de l’activité, le professeur Paterne MURHULA, l’un des organisateurs de ce colloque, a remercié les participants, tout en souhaitant que les organisations locales de travail en synergie, avant de compter sur les organisations internationales.
Cliquez ici Pour Partager.
No Comments
No comments yet. You should be kind and add one!