Sud-Kivu : Violée, une jeune fille vivant avec handicap crie sa colère !

Posté par  Cikuru Kadjunga   à       4 années ago     673 Views     Laisser vos impressions  

La situation est peu reluisante chez cette fille rencontrée à Mugogo, en territoire de Walungu. Sur une tonalité de mélancolie, elle raconte avoir été violée, et discriminée quant à l’accès à l’avortement auquel elle a droit selon les préceptes du protocole de MAPUTO.

C’est avec la mort dans l’âme qu’elle s’est confiée à nous pour témoigner de ce qu’elle qualifie des comportements discriminatoires à son endroit. Son histoire remonte à septembre 2019, au bord de la route, en train de mendier à quiconque voudrait l’aider. Elle avoue ne pas avoir un autre choix de survie, à part cette vie de mendiante connue sous le surnom de ‘’pauvre handicapée’’. C’est dans la rue qu’elle affirme avoir connu deux grossesses, toutes indésirables.

« En septembre, un papa qui avait l’habitude de me donner de l’argent à chaque fois que je lui tendais la main a un jour décidé de passer à une autre vitesse, celle de m’amener dans une buvette. Me promettant de m’y servir de l’argent après y avoir changé son gros billet, il m’a servi du sucré, et après, je ne savais plus ce qui s’était passé. J’ai constaté avoir sur mon ventre 2000 francs congolais avec des spermes pullulant ma partie vaginale Â».

Selon Mateso, handicapée avec des pieds boiteux et une jambe paralysée, de cette relation inattendue et tragique est sortie une grossesse. La deuxième du genre après deux ans, en 2017 dans, pour ainsi dire, les mêmes circonstances.

Mère d’un bébé d’environ trois ans, elle a peiné d’accepter de mettre au monde dans cette situation de pauvreté qu’elle endure avec sa mère, veuve de son état. Décision finale ?

« J’ai du prendre des médicaments achetés à la pharmacie sur ordonnance de quelques femmes libres du village que je connais. Cela a mal tourné. Depuis l’expulsion de certains déchets organiques de mon corps, je saignais au quotidien Â», se souvient cette ‘’jeune fille mère ‘’ de 21 ans.

Se confiant finalement à sa mère à cause des douleurs devant atroces au bas ventre et saignements interminables, elle assure avoir été amenée à un dispensaire. Elle se heurte à un défi de discrimination qui complique dangereusement sa santé, dit-elle.

« Qui pouvait s’occuper de moi ? En me voyant d’apparence pauvre et handicapée, malgré ce que ma mère avait posé comme problème dont je souffre auprès d’un infirmier, j’étais négligée. Apres des allers et retours au dispensaire, l’on a enfin décidé de me consulter et me donner des médicaments. Je dénonce ce comportement qui aurait pu me couter la vie ! Â».

Informé de cette autre forme de discrimination à l’endroit de cette catégorie des personnes vivant avec handicap, y compris des filles albinos, Juvénal LUSHULE a délié sa langue à ce sujet.

En sa qualité de président d’une association de défense des personnes vivant avec albinisme, il appelle les ONG actives dans ce domaine de la santé de reproduction à sensibiliser la communauté, même les prestataires des soins sur l’égalité des droits lorsqu’il s’agit d’avorter en cas d’une situation contraignante, comme le viol que Mateso a subi.

Il estime que ‘’les personnes vivant avec handicap étant les cibles des bourreaux, il y a lieu que le protocole de MAPUTO soit porté à la connaissance de tous pour éviter ce genre de stigmatisation en milieu sanitaire â€˜â€™.

Alice KAJABIKA

Cliquez ici Pour Partager.

A propos  

No Comments

No comments yet. You should be kind and add one!

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.