Nyiragongo/Ngangi : la masculinité positive change les comportements et renforce la paix
30 leaders communautaires, parents, jeunes, enseignants et acteurs locaux des villages Ngangi, dans le territoire de Nyiragongo en province du Nord-Kivu, ont été formés pendant trois jours sur la masculinité positive et la prévention des violences basées sur le genre.
Organisée par le Service Jésuite des Réfugiés, JRS et ses partenaires, cette formation rentre dans le cadre du projet Kesho Bora, opportunités et dignité pour la population du Nord-Kivu. Elle a invité les participants à réfléchir sur les comportements qui peuvent créer des conflits dans les familles et dans la communauté, mais aussi sur leur rôle dans la promotion de relations fondées sur le respect, l’égalité et la non-violence.
Présentant le projet et la formation, Nathalie Aziza, du département Suivi-évaluation de JRS, a rappelé que le Service Jésuite des Réfugiés intervient notamment dans l’éducation, le soutien en santé mentale, l’inclusion économique, la réconciliation et le plaidoyer.
Elle a expliqué aux participants les objectifs et les résultats attendus de Kesho Bora, en mettant en avant l’importance de renforcer les mécanismes communautaires de protection.
« Réduire l’exposition des filles, des femmes, des hommes et des garçons aux risques liés à la protection, tels que la violence basée sur le genre et les actes d’exploitation et d’abus sexuels, tel est l’objectif auquel cette activité vient répondre. JRS a aussi pour mission d’accompagner, de servir et de défendre les droits des réfugiés et des personnes déplacées de force », a-t-elle souligné.
Elle a également indiqué que JRS met à la disposition des communautés des contacts et des boîtes à suggestions pour faire remonter leurs préoccupations.
Changer les comportements pour mieux vivre ensemble
Pour la facilitatrice, Sourire Muhigirwa, consultante pour ce projet au compte de l’Association des Femmes des Médias AFEM, le changement doit commencer dans les gestes et les relations de tous les jours.
« La masculinité positive se veut progressive et non brutale » explique-t-elle, en encourageant les participants à remettre en question certaines habitudes et normes sociales qui entretiennent les inégalités et les violences.
La formation s’est appuyée sur des échanges d’expériences, des études de cas, des travaux de groupes, des jeux de rôles et des exercices pratiques.
Du côté des participants, le message a rencontré leurs préoccupations. Ether Kyakimwa reconnaît avoir pris conscience de certains de ses comportements :
« Cette formation vient de me transformer et désormais j’agirai toujours différemment en privilégiant la masculinité positive dans toutes mes actions dans ma communauté. »
Dans les travaux de groupe, les participants ont également identifié la non-violence, l’inclusion, la participation, le respect mutuel, le partage, l’égalité des chances, l’écoute et la tolérance comme des comportements favorisant le dialogue dans les familles et les communautés.
Au terme de la formation, 30 fiches d’engagement ont été signées et trois clubs d’hommes et femmes positifs ont été constitués pour la première cohorte de Nyiragongo. Pour l’Association des Femmes des Médias AFEM, partenaire à l’organisation JRS, cette activité offre une occasion de rapprocher les messages sur l’égalité, la prévention des Violences Basées sur le Genre et la paix des réalités quotidiennes des communautés.
Un geste observé durant la formation traduit cette volonté de changement : l’un des participants hommes a spontanément débarrassé la table après le repas, un geste considéré comme un exemple pratique de masculinité positive.
Rose Mathe
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