Bukavu / Sud Kivu : Les cas de suicide augmentent, les psychologues alertent
Plusieurs cas des suicides ont été enregistrés ces derniers mois à Bukavu et dans ses environs, situation qui suscite une vive inquiétude au sein de la population. Les victimes sont de différents âges et de différents milieux, un constat qui relance le débat sur la santé mentale et la nécessité de renforcer les actions de prévention dans l’objectif de limiter les dégâts.
Déjà , le 16 mars dernier, une femme de 35 ans s’était donné la mort dans le quartier Panzi, à Bukavu, au cours du même mois, un jeune de 29 ans a également perdu la vie à Muhungu par pendaison.
Le 13 mai, un homme d’une cinquantaine d’années, père de quatre enfants, a été retrouvé sans vie pendu sur l’avenue Georges-de-Four dans la commune de Kadutu, toujours à Bukavu.
Quelques jours plus tard, le 19 mai, un garçon du quartier Cahi, dans la commune de Bagira, s’est également suicidé, à cela s’ajoute le cas du 29 juin, où une femme de 41 ans a mis fin à ses jours à Bushwira, dans le territoire de Kabare au Sud Kivu.
Toujours dans ce territoire, à Bugorhe, une femme de plus de 50 ans s’est également donnée la mort, plus récemment, le samedi 11 juillet, un adolescent de 13 ans s’est aussi donné la mort.
Cette succession de drames touche des hommes, des femmes, des jeunes et des adultes. Si les circonstances varient d’un cas à l’autre, leur répétition interpelle sur la souffrance psychologique que certaines personnes traversent parfois dans le silence.
Les spécialistes de la santé mentale rappellent que le suicide est souvent précédé de signes de détresse, notamment un profond découragement, un isolement, des changements inhabituels de comportement ou encore des propos laissant apparaître une perte d’espoir.
Ces derniers invitent les familles, les amis et les voisins à être plus attentifs à ces signaux et à offrir une écoute bienveillante aux personnes en difficulté.
Pour Blandine Mugoli, psychologue de formation, la prévention passe avant tout par une meilleure écoute des personnes en détresse.
Face à cette recrudescence des cas, plusieurs acteurs estiment que les campagnes de sensibilisation sur la santé mentale devraient être renforcées à Bukavu et dans les territoires environnants.
Ceci par le fait que des nombreux citoyens souffrent en silence et ne trouvent pas des personnes auprès de qui ils peuvent se confier.
C’est pourquoi, les psychologues appellent également les autorités, les organisations de la société civile et les communautés à promouvoir une culture de solidarité, d’écoute et d’accompagnement afin de prévenir de nouveaux drames.
Christelle BARAKA
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