Coupe du Congo de basketball : les championnes de Bukavu risquent de manquer Kinshasa faute de moyens
Elles ont gagné sur le terrain, mais pourraient perdre la bataille du voyage. Sacrée championne de Bukavu au terme de la saison 2026, l’équipe féminine de basketball BC Wonderfull se retrouve à quelques heures de la 43ᵉ édition de la Coupe du Congo dans une situation aussi inattendue que préoccupante : elle ne dispose toujours pas des moyens nécessaires pour rejoindre Kinshasa, où doit se dérouler la compétition nationale.
Après des mois d’efforts, d’entraînements et de sacrifices, les championnes de Bukavu voient leur participation à cette grande fête nationale du basketball menacée par une difficulté essentiellement financière. Pourtant, le coup d’envoi de la compétition est prévu pour le 17 septembre 2026 à Kinshasa.
Championnes sur le parquet, bloquées par le manque de moyens
Le paradoxe est saisissant. Alors que ces jeunes basketteuses ont réussi à s’imposer au niveau local grâce à leurs performances sportives, elles peinent désormais à franchir l’étape suivante, non pas en raison de leur niveau, mais faute de ressources financières.
Le déplacement vers Kinshasa nécessite la prise en charge des billets de voyage des joueuses et de l’encadrement, mais également de la restauration, du logement et de plusieurs autres besoins indispensables à leur participation à la compétition.
Sans soutien urgent, tous les efforts consentis durant la saison pourraient ainsi être compromis.
Pourtant, ces jeunes filles ont décroché leur ticket pour la compétition nationale au terme d’une saison au cours de laquelle elles ont démontré leur potentiel et leur détermination.
Une génération de talents qui demande seulement sa chance
Derrière cette équipe, c’est aussi l’avenir du basketball féminin de Bukavu qui est en jeu.
Constituée principalement de jeunes joueuses locales, la formation championne représente l’une des rares occasions pour ces talents de se confronter à d’autres joueuses venues de différentes provinces du pays.
La Coupe du Congo constitue également une vitrine importante. Une bonne prestation à Kinshasa pourrait permettre à certaines joueuses d’attirer l’attention de clubs et de recruteurs à la recherche de nouveaux talents.
Ne pas participer, c’est donc bien plus que manquer une compétition : c’est risquer de laisser passer une opportunité de carrière pour toute une génération de jeunes sportives.
BIBISHE ILUNGA, la pépite à suivre
Parmi les visages qui symbolisent cette nouvelle génération figure BIBISHE ILUNGA.
À moins de 20 ans, la jeune basketteuse a marqué de son empreinte la saison 2026 à l’Entente urbaine de basketball de Bukavu. Elle a décroché plusieurs distinctions individuelles, notamment celles de MVP, meilleure marqueuse et meilleure meneuse de la saison.
Un palmarès qui témoigne de son impact sur le parquet et du potentiel dont dispose cette équipe.
La Coupe du Congo pourrait lui offrir, ainsi qu’à ses coéquipières, une scène beaucoup plus large pour démontrer leur savoir-faire et se mesurer au meilleur niveau du basketball féminin congolais. Mais pour cela, il faut d’abord arriver à Kinshasa.
Le cri d’alarme du coach Balume Balagizi Claude
Face à l’urgence, l’entraîneur Balume Balagizi Claude lance un appel à toutes les personnes susceptibles d’apporter leur soutien à l’équipe.
Son message est clair : chaque contribution compte.
« Les besoins sont principalement les tickets de voyage pour les joueuses, la restauration des joueuses, le logement des joueuses et autres besoins pour faciliter une bonne prestation des talents de Bukavu à cette édition de la Coupe du Congo », explique-t-il.
Le technicien appelle ainsi les autorités, les entreprises, les organisations, les anciens sportifs, les amoureux du basketball et toutes les personnes de bonne volonté à se mobiliser afin de permettre aux championnes de Bukavu de prendre part à la compétition.
L’aide peut prendre différentes formes, pourvu qu’elle permette aux joueuses de faire le déplacement et de défendre les couleurs de Bukavu.

Le sport de Bukavu paie aussi le prix de la crise
La situation de cette équipe ne peut être dissociée du contexte difficile que traverse le sport dans l’est de la RDC.
Depuis l’occupation de Bukavu et de Goma, les structures sportives locales évoluent dans un environnement particulièrement compliqué. Les clubs ont notamment vu se réduire plusieurs sources traditionnelles de financement et d’accompagnement.
Malgré ces difficultés, les athlètes et leurs encadreurs ont continué à faire vivre le sport local avec des moyens limités.
Le championnat 2026 a ainsi été disputé avec des ressources réduites, sans l’appui habituellement apporté par certains acteurs politiques, économiques et bienfaiteurs.
Aujourd’hui, l’équipe féminine championne se retrouve confrontée au même problème au moment où elle devrait franchir un nouveau cap.
Bukavu veut être représentée à Kinshasa
L’heure n’est donc plus aux discours, mais à la mobilisation.
Ces jeunes filles ont fait leur part du travail sur le terrain. Elles ont remporté le championnat local et gagné le droit de représenter Bukavu à la Coupe du Congo.
Il leur reste désormais à trouver les moyens de rejoindre la capitale.
À quelques heures du rendez-vous national, une question demeure : les championnes de Bukavu pourront-elles prendre le départ pour Kinshasa ?
La réponse dépend désormais de la capacité des différents acteurs à se mobiliser autour de ces jeunes talents.
Car derrière leurs maillots et leurs trophées, ce sont des rêves, des ambitions et peut-être de futures carrières professionnelles qui attendent simplement qu’on leur donne la possibilité de s’exprimer.
Les championnes ont gagné leur place sur le terrain. Elles demandent aujourd’hui une chance de pouvoir y jouer.
Pour rappel, la dernière participation du BC WONDERFULL à la Coupe du Congo de basket-ball, édition 2023-2024, a vu l’équipe finir à la 4ieme place.
Gloire KOKO
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