Goma : un dialogue tenu pour entendre les femmes dans les décisions liées à la paix

Posté par  Gloire KOKO   à  ,      10 heures ago     100 Views     Laisser vos impressions  

Organisée dans les quartiers Virunga, Katoyi et Kahembe , l’activité a réuni des femmes leaders, des jeunes et des autorités locales autour d’une question importante, celle d’amener les femmes à participer réellement aux décisions qui concernent la sécurité, la prévention des conflits et la paix dans leurs communautés.

Ce dialogue, mené par FUDEI, Femmes Unies pour le Développement Intégral et Endogène au Nord-Kivu, avec la participation des acteurs communautaires concernés et l’appui de l’Association des Femmes des Médias AFEM, s’inscrit dans une démarche visant à mieux comprendre les obstacles qui empêchent les femmes de participer aux mécanismes locaux de paix et à rechercher ensemble des solutions.

Au cours des échanges, les participantes ont évoqué plusieurs difficultés auxquelles les femmes sont confrontées.

L’une d’elles estime que les femmes ne bénéficient pas toujours des mêmes possibilités que les hommes pour faire entendre leur voix : « Nous, les femmes, les filles, nous ne jouissons pas de ces droits au même titre et avec la même égalité que les hommes »

Pour les participantes, l’un des problèmes vient également des préjugés selon lesquels seules les femmes ayant fait de longues études seraient capables de participer aux décisions communautaires.

« Nous pensons que c’est seulement celles qui sont intellectuelles, qui ont fait de longues études qui sont capables de participer aux mécanismes de paix », explique une d’entre eux.

Une autre participante va plus loin et appelle la communauté à reconnaître les capacités des femmes : « Nous avons des capacités. Si quelqu’un refuse de voter pour une femme sans raison valable, veuillez le conscientiser »

 Quand les femmes compétentes n’ont pas accès aux espaces de décision

Les participantes ont également dénoncé le manque d’opportunités offertes aux femmes, même lorsqu’elles disposent des compétences nécessaires.

« Même quand nous avons des femmes compétentes, elles n’ont pas accès aux espaces et opportunités pour s’exprimer, et cela décourage beaucoup d’entre elles », affirme une des femmes présentes à ce dialogue.

Face à ces barrières, le dialogue permet aux autorités locales, aux leaders communautaires et aux représentantes des femmes de réfléchir ensemble aux moyens d’améliorer leur participation dans les structures locales de sécurité et de paix.

Pour les organisateurs, il ne suffit donc pas de parler de l’importance des femmes dans la paix. Il faut également leur ouvrir les portes des espaces où se discutent les problèmes de la communauté et où sont prises les décisions.

Pour elle, les femmes doivent elles-mêmes croire en leurs capacités et continuer à avancer.

« Petit à petit, nous atteindrons le sommet. Un jour ou l’autre, vous pouvez vous retrouver à la tête d’une instance, voire devenir chef de quartier, par exemple », précise une des cadres de base.

Un message qui invite les femmes et les jeunes filles à ne pas se laisser décourager par les obstacles, mais aussi la communauté à leur accorder davantage de confiance.

 Les femmes, actrices de la paix dans leurs quartiers

Le dialogue a aussi permis de rappeler que les femmes ne sont pas seulement des victimes des crises. Elles peuvent également être des actrices de prévention des conflits, d’alerte précoce, de médiation et de consolidation de la paix.

Leur présence dans les mécanismes locaux permet notamment de faire remonter des préoccupations qui touchent directement les femmes et les filles, notamment les risques liés à leur protection dans un contexte de crise.

La démarche s’appuie notamment sur les principes de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que sur la Résolution 2250 relative aux jeunes, à la paix et à la sécurité.

« Les femmes et les jeunes doivent participer aux solutions lorsqu’une communauté cherche à résoudre ses problèmes » martèle Rachel Mululu, présidente de FUDEI.

À travers cette rencontre, les participants ont été appelés à réfléchir aux moyens de réduire les barrières qui empêchent les femmes de participer aux structures locales de décision liées à la paix.

La démarche prévoit également de renforcer la collaboration entre les autorités locales, les femmes leaders et les jeunes des trois quartiers concernés.

À terme, la mise en place de trois Clubs de Paix, soit un dans chacun des quartiers de Virunga, Katoyi et Kahembe, doit permettre de maintenir cette dynamique et de rapprocher les acteurs communautaires autour de la prévention des conflits et de la promotion de la paix.

Il faut noter que ce dialogue est réalisé dans le cadre du projet d’inclusion et d’autonomisation des femmes et des jeunes filles pour une paix féministe et durable dans l’Est de la République Démocratique du Congo, porté par AFEM en partenariat avec Kvinna till Kvinna.

Gloire KOKO

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