KALEHE-IHUSI : L’administration territoriale promet de sévères sanctions à tous ceux qui exploitent des filles mineures dans les mines, la pêche ou les bars-restaurants

Posté par  Gloire KOKO   à  ,      7 heures ago     36 Views     Laisser vos impressions  

Les membres des clubs d’écoute et les activistes SASA Together d’Ihusi, dans le territoire de Kalehe, province du Sud-Kivu, ont déposé plusieurs notes de plaidoyer auprès de l’administrateur territorial le mercredi 27 mai 2026.

Ces plaidoyers portent sur l’exploitation des filles dans les bars et restaurants, les carrés miniers, les activités de pêche et de démêlage de poissons sur les plages de Kalehe. 

L’événement s’est déroulé au bureau administratif de Kalehe, en présence de l’association des femmes des médias (AFEM) et avec le soutien de l’organisation Norwegian Church Aid.

Les hommes et les femmes membres des NCE et activistes SASA ont déploré l’exploitation des filles mineures dans les bars-restaurants, communément appelés « maisons de tolérance ». Ces défenseurs des droits humains rappellent que cette pratique constitue une problématique alarmante qui menace gravement les droits fondamentaux des enfants et la sécurité des jeunes filles. Ces activités exposent les filles de moins de 18 ans à l’exploitation sexuelle, à la prostitution déguisée, aux violences physiques et psychologiques, à l’alcoolisme, aux grossesses précoces, aux infections sexuellement transmissibles et aux violences basées sur le genre.

Il a été constaté que ces femmes proviennent de familles vulnérables marquées par la pauvreté, le chômage, l’abandon scolaire, les déplacements dus aux conflits armés et aux conflits familiaux.

À la même occasion, dans les zones côtières du territoire de Kalehe, notamment à Ishovu et Kazira, l’exploitation de filles mineures dans les activités de démêlage de poissons (Limnothrissa mionodon), communément appelés « sambaza », constitue un problème alarmante qui menace gravement les droits fondamentaux des enfants et la sécurité des jeunes filles issues des communautés riveraines du lac Kivu.

Les données recueillies par les membres des Noyaux Clubs d’Écoute (NCE), avec l’accompagnement de l’AFEM et du NCA, indiquent que de nombreuses filles de moins de 18 ans sont contraintes de se lever à 4 heures du matin pour aller pêcher des poissons à des fins lucratives et subvenir aux besoins financiers de leur famille. Cette situation les expose à l’exploitation sexuelle, à la prostitution déguisée, aux violences physiques et psychologiques, à l’abandon de la scolarité, aux grossesses précoces, aux infections sexuellement transmissibles, aux violences basées sur le genre (VBG) et à un taux de réussite scolaire très réduit pour les enfants qui sont obligés d’aller à l’école avec un grand retard chaque jour.

Il a également été constaté que, dans plusieurs carrés miniers de Kalehe, notamment à Murunga, Kasese, Nyabibwe, Kairenge, Mushwago et dans leurs zones environnantes, des filles et des garçons mineurs sont régulièrement impliqués dans des travaux pénibles et dangereux, incompatibles avec leur âge et leur développement physique, psychologique et moral. Les observations communautaires menées par les Noyaux Clubs d’Écoute (NCE), avec l’appui d’AFEM et de NCA, révèlent que ces filles sont employées pour :

– concasser et transporter des minerais ;

– laver des minerais ;

– faire de la vente ambulante ;

– tenir de petits commerces dans les carrés miniers ;

– fournir des services domestiques improvisés ;

– exercer des activités exposées à l’exploitation sexuelle autour des sites miniers.

La forte présence d’hommes adultes sur les sites miniers, combinée à l’absence de mécanismes de protection efficaces pour les enfants, expose davantage les filles mineures aux violences sexuelles, aux grossesses précoces, aux mariages forcés, à l’exploitation économique, aux maladies sexuellement transmissibles, à la consommation de drogues et d’alcool, ainsi qu’à des traumatismes psychologiques.

Face à cette situation, les hommes et les femmes membres des noyaux clubs d’écoute et activistes SASA exigent ce qui suit :

– à l’administrateur de territoire de veiller à l’application des textes légaux internationaux, régionaux et nationaux protégeant les droits des enfants et des jeunes filles ;

– de prendre des mesures interdisant l’exploitation des enfants et des filles mineures dans les bars, restaurants et maisons de tolérance de Kalehe/Ihusi ;

– de prendre des mesures administratives strictes interdisant la présence et l’utilisation de filles mineures dans les carrés miniers ;

– de renforcer la coordination entre les services techniques pour le contrôle des sites miniers ;

– d’appuyer les mécanismes locaux de protection de l’enfant dans les zones minières ;

– au chef de centre d’impliquer les leaders communautaires dans la surveillance communautaire et de sensibiliser les familles aux dangers de cette exploitation ;

 Les services de sécurité sont invités à poursuivre les auteurs d’exploitation économique et sexuelle des filles mineures, à renforcer la surveillance des carrés miniers et à assurer la protection et le référencement des victimes.

En réponse à toutes ces doléances de la communauté, l’administrateur Fikiri Pascal, chef de bureau au territoire de Kalehe, a tenu à préciser que Kalehe avait déjà pris une décision, datée du 19 mai 2026, portant interdiction de l’exploitation des enfants mineurs dans toutes les pires formes de travail dans ce territoire de la province du Sud-Kivu. Ce document a été publié sur toutes les plateformes numériques et dans les médias locaux. Les équipes de suivi sont déjà déployées sur le terrain pour s’assurer de la mise en application de cette décision.

Il interpelle les organisations non gouvernementales et humanitaires afin qu’elles mettent en place des initiatives pour venir en aide à ces enfants abandonnés, orphelins et vulnérables, qui subviennent à leurs besoins et soutiennent leurs familles grâce à quelques activités économiques.

Fikiri Pascal remercie les membres des clubs d’écoute d’AFEM et les activistes SASA qui abordent un problème sérieux qui gangrène le territoire de Kalehe. Il encourage AFEM à sensibiliser la communauté aux droits des enfants et à dénoncer toutes les violations auprès des autorités afin que les recalcitrants soient sanctionnés conformément à la loi.

Cette activité s’est tenue en présence du chef de bureau, du secrétaire administratif de Kalehe et du chargé des affaires humanitaires du territoire de Kalehe.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet de prévention des VSBG et de lutte contre les inégalités à l’égard des femmes et des jeunes filles, ainsi que dans la lutte contre les inégalités dans la province du Sud-Kivu. Un projet mis en œuvre par AFEM grâce au soutien de l’ONG NCA.

Gloire KOKO

Cliquez ici Pour Partager.

A propos  

No Comments

No comments yet. You should be kind and add one!

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.