Sud-Kivu : À travers le sport, la paix est devenue possible dans plusieurs pays africains. Cela peut également être le cas pour la RDC, après sa qualification pour la Coupe du monde 2026 (Jonathan Nzonga).
Le monde commémore chaque 6 avril la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix. Pour l’édition 2026, le thème retenu est « Le sport : créer des ponts, briser les barrières ».
Cette journée tombe à point nommé, car la République démocratique du Congo s’est qualifiée pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, après 52 ans d’absence. Une nouvelle qui a été fêtée sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les zones occupées par la rébellion de l’AFC/M23. Des scènes de liesse ont été observées dans toutes les villes dès les premières heures du 1ier avril 2026, jour de la qualification des Léopards, après leur victoire face à la Jamaïque.
Selon certains sportifs, le sport, et le football en particulier, a toujours été un vecteur de paix et de rassemblement des communautés divisées pour des enjeux sociaux et politiques.
Jonathan Nzonga, enseignant à l’université officielle de Bukavu et analyste sportif, évoque l’histoire de l’Afrique du Sud : à l’époque de l’apartheid, ce pays était exclu des compétitions internationales de la CAF et de la FIFA, car la pratique du football n’y était pas autorisée pour les populations noires. Toutefois, les matchs entre Noirs et Blancs ont permis à l’Afrique du Sud de réintégrer les compétitions internationales.
Il en a été de même en Côte d’Ivoire, où le peuple était déchiré pour des intérêts politiques en 2005, après la prise de pouvoir de Laurent Gbagbo, entre la population de l’est et celle de l’ouest. Après leur qualification pour la Coupe du monde 2006, les Éléphants de Côte d’Ivoire, par l’intermédiaire de leur capitaine Didier Drogba, ont plaidé pour que les belligérants déposent les armes et s’unissent autour de la paix.
« Même dans la région des Grands Lacs, les exemples sont clairs : au Burundi, lors de la division entre Hutus et Tutsis, le football a réuni les deux peuples. Les scientifiques ont appelé cela la « burundicisation », c’est-à -dire que les intérêts du Burundi sont unis à travers le football. J’ai vu une expérience que nous avons organisée localement dans le cadre du projet Kivu Stars International pour la paix, avec un tournoi régional de basket-ball réunissant des clubs de Bukavu, Goma, du Rwanda et du Burundi, dont le message clé était la cohésion sociale et la paix », a-t-il ajouté.
Jonathan Nzonga aurait voulu voir les Léopards de la RDC faire une caravane dans toutes les provinces du pays pour que tous les Congolais se sentent unis autour du football et que cette qualification à la Coupe du monde soit l’occasion de mettre de côté les intérêts égoïstes au profit de l’unité nationale.
Il recommande l’organisation de matchs de football entre les communautés rwandophones et les autres communautés bantoues congolaises (Katangais, Kasaiens, etc.). Autour de ces rencontres, il privilégie un cadre d’expression de paix plutôt que de division. Cela peut aider à réduire les violences, d’autant que le football prône plusieurs valeurs, notamment le fair-play, l’acceptation des résultats et la paix.
Pour rappel, en août 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a décidé de proclamer le 6 avril Journée internationale du sport pour le développement et la paix.
L’UNESCO est l’agence spécialisée des Nations unies chef de file pour l’éducation physique et le sport (EPS). L’UNESCO considère que le sport est un puissant vecteur d’inclusion sociale, d’égalité des genres et d’autonomisation des jeunes.
Ses bénéfices se font sentir bien au-delà des stades. En effet, les valeurs acquises dans le sport et à travers lui, telles que le fair-play et l’esprit d’équipe, sont précieuses pour la société dans son ensemble.
Gloire KOKO
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