Goma : les femmes et filles handicapées s’engagent dans la construction de la paix
Un dialogue communautaire sur l’inclusion des femmes et des filles handicapées dans les mécanismes locaux de paix a réuni des femmes, des hommes et des acteurs communautaires à Goma, dans la commune portant le même nom.
L’activité, organisée par le Programme d’Assistance et Protection de la Personne Handicapée PAPH, s’inscrit dans le cadre du projet IMPACT, avec l’appui de l’Association des Femmes des Médias AFEM en partenariat avec Kvinna till Kvinna. Elle vise à renforcer la participation des femmes et des filles handicapées dans les mécanismes communautaires de paix et à favoriser une gouvernance plus inclusive.
Au cours des échanges, les participants ont rappelé que le handicap ne devrait pas être une raison pour exclure une personne des initiatives de paix.
Une participante a témoigné de l’évolution de sa perception après les échanges :  » Nous apprenons à vivre avec les personnes handicapées. Avant, je pensais que les personnes handicapées étaient des personnes à mettre à l’écart. «Â
Pour elle, le dialogue a permis de comprendre que les personnes handicapées doivent être considérées comme des membres à part entière de la communauté, capables de contribuer aux solutions aux problèmes qui touchent leur milieu.
Madame Kavira Yeye, présidente de PAPH, a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la simple protection des femmes handicapées.  » La femme handicapée qui est protégée doit aussi être incluse aux mécanismes de paix. C’est cela l’inclusion « , a-t-elle souligné, en faisant référence à la résolution 2475 du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la protection et à l’inclusion des personnes handicapées dans les situations de conflit.
Travailler ensemble pour construire la paix
Le dialogue a également permis aux participants de réfléchir à la responsabilité de chacun dans la construction de la paix au sein de la communauté.
Un participant a appelé les femmes à croire davantage en leurs capacités.  » Je dis aux femmes de ne pas se sous-estimer. Vous êtes capables de construire la paix « , a-t-il déclaré.
Dans un contexte marqué par les conflits et les déplacements de populations au Nord-Kivu, les participants estiment que la recherche de la paix ne peut pas être réservée à une catégorie de personnes. Elle nécessite la participation des femmes, des hommes, des jeunes, des personnes handicapées et des différents acteurs de la communauté.
« Ce dialogue vient de nous unir et nous comprenons que nous sommes appelés à travailler ensemble dans la recherche de la paix », a expliqué un autre participant.
Cette approche rejoint l’objectif du projet IMPACT qui entend renforcer, au niveau local, l’engagement des femmes et des filles dans les mécanismes de paix.
Pour les participants, l’inclusion doit être concrète pour permettre aux femmes handicapées d’accéder aux informations, aux espaces de dialogue, aux initiatives communautaires et aux mécanismes de prise de décision.
Dans la salle, la présence de femmes utilisant des fauteuils roulants et d’autres personnes handicapées montre cette volonté de créer des espaces où chacun peut s’exprimer et être écouté.
Pour Kavira Yeye :  » La femme handicapée participe avec la femme non handicapée, toutes ensemble incluses pour construire une paix et une sécurité durables. «Â
Selon le Coordonnateur de PAPH, Herman Chirimwami, leur inclusion dans les mécanismes de paix n’est pas seulement une question de représentation, c’est aussi une manière de permettre à toute la communauté de bénéficier de leurs expériences, de leurs idées et de leur engagement.
Notons que ce dialogue entre parmi les activités portées par l’initiative visant le renforcement de la participation et du leadership des femmes et filles handicapées aux mécanismes de paix dans les zones affectées par les conflits au Nord-Kivu.
Rose Mathe
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