Lancement du projet « Genre et Protection » pour lutter contre les violences basées sur le genre dans la chefferie de Buhavu (Kalehe) : Une réponse à un contexte humanitaire et sécuritaire préoccupant
La situation des droits des femmes et des filles dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, demeure fortement affectée par l’insécurité persistante, les déplacements de populations et les inégalités structurelles. Les conflits armés continuent de compromettre la paix, entraînant des violences, des tueries et des déplacements massifs de populations.
Dans plusieurs sites d’accueil de personnes déplacées, notamment à Ishoka, Ishovu, Cibanda, Munanira et Mabula, les familles éprouvent d’énormes difficultés à satisfaire leurs besoins essentiels. Les femmes sont particulièrement touchées. Les pillages de leurs moyens de production, la destruction des champs, la perte du bétail et des autres biens les privent de toute source de revenus et les exposent davantage aux violences basées sur le genre (VBG). Les efforts qu’elles déploient pour assurer leur autonomie sont régulièrement anéantis par les conséquences des conflits.
C’est dans ce contexte que le projet « Genre et Protection », visant à prévenir et à lutter contre les violences basées sur le genre, a été officiellement lancé ce mardi 4 août 2026 à Bukavu par Norwegian Church Aid (NCA), grâce au co-financement de NORAD et de la Coopération suisse (DDC). Sa mise en Å“uvre est assurée par un consortium composé de l’AFEM, du Centre Psychiatrique SOSAME, de la Fondation Panzi et de Norwegian Church Aid (NCA), qui en assure le lead. Il sera exécuté dans la chefferie de Buhavu pendant 3 ans (Juillet 2026-Juillet 2029).
Réduire les violences et renforcer la cohésion sociale
L’objectif global du projet est de contribuer à la réduction des violences basées sur le genre tout en renforçant la cohésion sociale et la paix à travers la transformation des normes sociales, le renforcement de l’appropriation communautaire ainsi que l’amélioration de l’accès équitable à des services de qualité et à la justice.
Dans son allocution d’ouverture, le Directeur Pays de Norwegian Church Aid, M. Morba Alhousseyni, a remercié les bailleurs de fonds, NORAD et la Coopération suisse (DDC), pour la confiance renouvelée accordée à NCA et à ses partenaires. Il a souligné que cet appui permettra de répondre aux besoins des communautés de la chefferie de Buhavu, dans le territoire de Kalehe, et d’atténuer les souffrances des populations affectées.
Il a également exhorté les organisations membres du consortium à respecter les orientations stratégiques du projet ainsi que les engagements contractuels afin d’atteindre les résultats attendus et de renforcer davantage la confiance des partenaires financiers.
Une approche intégrée de prévention et de prise en charge
Présentant les grandes lignes du programme, Mme Rachel Biraheka, Coordinatrice VBG à NCA, a expliqué que le projet vise à renforcer la résilience des communautés grâce à des actions de prévention adaptées au contexte sécuritaire. Il prévoit également l’institutionnalisation de l’Approche psychosociale communautaire (APC) dans les systèmes académiques et professionnels.
Elle a précisé que le projet garantit une réponse multisectorielle aux violences basées sur le genre en intégrant les secteurs de la santé, du soutien psychosocial, de la protection sociale et de la justice. Cette réponse comprend notamment l’organisation d’audiences foraines ainsi qu’un accompagnement judiciaire personnalisé afin de lutter contre l’impunité.
Selon Mme Biraheka, cette stratégie s’inscrit dans l’approche du triple nexus (humanitaire-développement-paix), qui favorise la cohérence entre la réponse humanitaire immédiate, le renforcement des capacités institutionnelles et la transformation sociale durable.
Quatre résultats majeurs attendus (outcomes)
Les participants ont suivi une présentation détaillée du projet portant sur ses objectifs, les résultats attendus ainsi que les activités prévues autour de quatre principaux résultats (outcomes) :
- la prévention des violences basées sur le genre ;
- l’accès à des services spécialisés, coordonnés et de qualité pour la prise en charge des survivantes ;
- l’autonomisation des femmes et des filles ;
- la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs.
Les échanges ont également porté sur les exigences des bailleurs de fonds et leur alignement avec les priorités stratégiques du projet. Les participants ont examiné le plan d’approvisionnement, les principaux risques ainsi que les étapes clés de la mise en Å“uvre, notamment le calendrier de rapportage et les missions de suivi sur le terrain, afin de garantir une exécution efficace du projet.
Tolérance zéro aux abus et à la fraude
Un accent particulier a été mis sur le respect du Code de bonne conduite de l’ACT Alliance, du Code de conduite de la Coopération suisse, de la politique de Prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PEAS/PSEAH) ainsi que des droits de l’enfant.
Cette session a été animée par Mme Gisèle Baraka, officier VBG qui a rappelé le principe de tolérance zéro à l’égard de la fraude, de l’exploitation et des abus sexuels, ainsi que de toute forme d’utilisation sexuelle ou économique des enfants. Elle a également encouragé les organisations partenaires à mettre en place et à rendre pleinement opérationnels des mécanismes efficaces de gestion des plaintes, accessibles aux communautés bénéficiaires.
Au terme de cet atelier de lancement, les participants se sont engagés à capitaliser les acquis des différentes sessions afin d’assurer une mise en Å“uvre efficace du projet et de contribuer durablement à la protection des femmes et des filles dans la chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe.
Nelly ADIDJA, AFEM
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