RDC : L’institution de la journée du GENOCOST est une avancée significative dans le devoir de mémoire (Dr Denis Mukwege)
À l’occasion de la Journée nationale du GENOCOST, le Prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwege, appelle les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l’impunité, aux violences armées et au pillage des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée dimanche 2 août 2026, le Prix Nobel de la paix a d’abord salué la reconnaissance du 2 août comme Journée nationale du « GENOCOST ».
Pour Denis Mukwege, l’institution de cette journée constitue une avancée importante dans le devoir de mémoire, toutefois, cette reconnaissance ne prendra tout son sens que si elle s’accompagne d’une volonté politique de s’attaquer aux causes profondes du conflit et de garantir aux victimes leurs droits à la justice, à la vérité, aux réparations et aux garanties de non-répétition, indique-t-il.
Dans sa déclaration, le Dr Mukwege rend également hommage aux survivants, aux personnes déplacées, aux victimes de violences sexuelles, aux familles endeuillées et à toutes les communautés qui, depuis trois décennies, paient le prix d’une guerre menée pour le contrôle des richesses naturelles de la République Démocratique du Congo.
Denis Mukwege souligne que, depuis le déclenchement de la deuxième guerre du Congo, le 2 août 1998, les violences se sont poursuivies sous différentes formes et à travers divers groupes armés.
Les massacres, les déplacements forcés, les violences sexuelles, le recrutement d’enfants, les exécutions sommaires et le pillage des ressources naturelles continuent de frapper les populations de l’Est de la RDC dans un climat d’impunité persistant.
« Cette réalité impose de reconnaître que le drame congolais est avant tout lié à des enjeux économiques et géostratégiques. Il est inacceptable que plusieurs générations de Congolais continuent de payer de leur vie le prix du développement du reste du monde », s’indigne le Prix Nobel de la paix 2018.
En outre, le Dr Mukwege précise que la responsabilité des élites congolaises ne peut être éludée. « Les agressions extérieures ont été aggravées par les complicités internes, la corruption, le bradage des ressources nationales, l’affaiblissement des institutions et l’absence de réformes profondes de la justice, de la sécurité et de la gouvernance publique », souligne le gynécologue congolais.
Dans cette déclaration, le Prix Nobel de la paix 2018 s’oppose également au projet de révision de la Constitution, une démarche qu’il qualifie de dangereuse, estimant qu’elle pourrait conduire, une fois de plus, à une déstabilisation interne conflictogène susceptible de faire inutilement couler le sang des Congolais.
« Nous exhortons fermement le pouvoir à abandonner ce projet et à écouter la voix de la raison », conclut Denis Mukwege.
Elie KALUNGA
Cliquez ici Pour Partager.








No Comments
No comments yet. You should be kind and add one!